Facebook, bête noire des employeurs

(Tirabosco)

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Les dérives de l’utilisation de Facebook pendant les heures de travail. L’enquête menée dans un service de l’Etat de Vaud débouche sur des sanctions. La vague d’interdiction s’étend en Suisse romande

La mesure est impopulaire, voire taboue, mais s’impose pourtant rapidement. Interdire l’accès à Facebook au travail, c’est une décision que toutes les administrations publiques romandes, sauf Genève et Vaud, ont déjà prise. Outre-Sarine, l’administration fédérale, le canton de Thurgovie et la municipalité de Zurich en ont fait de même. Dans le privé, la tendance est identique (lire ci-dessous). Et certains militent pour que le mouvement vienne à bout de la résistance vaudoise: comme l’a appris Le Temps, une enquête menée au sein du Service cantonal de la population (SPOP) a mis en évidence l’existence d’importants abus de la part d’employés passant davantage de temps sur le réseau social que dans leurs dossiers. Le Conseil d’Etat vaudois est appelé à réagir.

Un audit vaudois alarmant

Ce sont des dénonciations internes qui ont mis la puce à l’oreille d’Henri Rothen, chef du SPOP. Pour en avoir le cœur net, il a demandé qu’un audit complet soit mené dans son service, sur la consommation d’Internet durant les heures de travail. L’étude a duré deux mois et a porté sur l’ensemble du personnel, deux cents employés. Un zoom a été fait sur la fréquentation des sites de réseaux sociaux, comme Facebook, dont l’usage est essentiellement privé.

Verdict: une vingtaine de personnes recevront un blâme, trois autres feront l’objet de mesures plus sévères. Le profil des accros? Des femmes de 20 à 30 ans, souvent en proie à des difficultés conjugales et dépendantes de Facebook. Une fois repérées, certaines sont allées jusqu’à demander à leur employeur de les protéger contre leur propre addiction. Elles seraient même soulagées de se voir bannir l’accès à Facebook.

Interpellé par ces résultats, Henri Rothen «espère une prise de conscience du Conseil d’Etat sur l’utilisation des réseaux sociaux au travail. Il vaudrait la peine de lancer une réflexion sur l’utilisation d’Internet au sein de l’administration. Les CFF, La Poste et l’administration fédérale ont déjà interdit Facebook.»

Or, la directive cantonale ne mentionne pas les réseaux sociaux: elle admet une utilisation privée d’Internet «à titre exceptionnel, en dehors des heures de travail, dans la mesure où elle ne constitue pas un abus, notamment qu’elle ne surcharge pas l’infrastructure informatique et ne vise aucun but lucratif.» Il n’y a pas de contrôles généraux: ils se font à la demande des chefs de service.

La suite de l’article sur 4 pages est ici http://www.letemps.ch/Page/Uuid/08542962-8d2c-11df-b2b6-d100c632dd49%7C1

Les administrations publiques romandes (Suisse) dans leur majorité interdisent Facebok au travail. La question de la perméabilité toujours plus grande des temps de vie privée / vie professionnelle au coeur du débat.

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